La capital chérifienne aux couleurs de Visa for music

Visa for music a animé la ville de Rabat du 16 au 19 novembre. Sa troisième édition vient de confirmer le statut d’ambassadeur de la musique d’Afrique et du Moyen-Orient.

La troisième édition de Visa for music a été un succès à tous points de vue. Un public nombreux a été au rendez-vous pour les différents concerts, showcases et conférences organisées à l’occasion. Au programme, des artistes connus, dont le succès retentit déjà, et d’autres moins connus, mais non moins percutants. Majid Bekkas (Maroc), Jadal (Jordanie), Carlos Lopes (Cap Vert), Karyna Gomes (Guinee Bissau),  pour ne citer qu’eux, ont partagé la scène avec des groupes qui tracent leur bout de chemin avec persévérance, depuis le Niger, le Cameroun, la Martinique ou encore Madagascar.

Des tête-à-tête professionnels

Mais ce sont, surtout, les rencontres entre les exposants et les professionnels participants qui ont affermi la position de l’événement en tant que plateforme incontournable de l’industrie musicale en Afrique et au Moyen-Orient.

Des échanges concluants  ont pu avoir lieu à Rabat entre des professionnels de la musique provenant de 86 pays, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’ailleurs. «La zone n’est pas seulement géographique, mais elle est également historique et humaine. Pour nous, les Caraïbes font partie de l’Afrique. La diaspora africaine dans le monde ne peut être négligée, dont les Marocains résidents à l’étranger qui sont fortement présents dans cette édition. La Turquie et l’Iran ne peuvent pas être dissociés du Moyen-Orient. Et puis d’autres communautés, y compris européennes, qui pratiquent cette musique issue de ces territoires là, ne peuvent en être écartées», explique Brahim El Mazned, fondateur de Visa for music. Heureusement pour les différents participants, dont ce manager franco-congolais qui affirme qu’il est «plus facile pour nous d’approcher un diffuseur français ici qu’en France». Ou encore ce directeur d’institut culturel au Maroc qui confie : «J’ai vécu quatre ans au Sénégal et je n’y ai jamais entendu ce type de musique», à la sortie du concert des flamboyants Sahad & NPW.

Pour RFI Talent, «nous émettons en Afrique subsaharienne. Il est normal que l’on s’intéresse aux artistes qui viennent de là pour répondre aux besoins de notre auditoire. C’est en ce sens qu’on a été présent au Visa for music dès la première édition. On a vu grandir le bébé avec plaisir. Il commence à bien marcher. Cela se voit à la qualité des showcases, à la qualité technique et des professionnels qui viennent de loin», atteste Daniel Lieuze, journaliste et responsable éditorial à RFI Talent.

Croiser les expériences

Visa for music a manifestement un cachet continental. Le musicien Imed Alibi, de Tunisie, pense que c’est un tremplin essentiel pour la jeunesse maghrébine pour se réconcilier avec son africanité. «Dans nos pays, on nous a appris pendant des lustres à ne pas être africains. Mais nous n’irons nulle part, tant qu’on n’a pas clarifié cette question de l’identité. C’est ce qui nous rend un peu schizophrènes. Il faut fouiller dans l’histoire des origines, arabes, berbères, africaines, pour assumer sans complexe et devenir des citoyens du monde».  Et d’ajouter : «Je suis très enthousiaste pour ce genre d’initiatives en général,  car le travail Sud-Sud c’est l’avenir».

C’est en ce sens qu’est intervenu Mamou Daffé, président de la Fondation festival sur le Niger et du réseau panafricain Arterial Network, selon qui, il faut s’inspirer des expériences qui marchent pour que les dirigeants des pays africains prennent conscience de l’apport de la culture. Il ne s’agit pas seulement de contraindre les décideurs à investir des ressources, mais de s’engager dans la promotion de la culture locale, au lieu de déléguer cette fonction aux instituts européens, ce qui ne pourrait que conforter le rapport dominant-dominé préexistant.

Source: La vie eco

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