Gazoduc Maroc-Nigeria, chimère ou réalité

Ce lundi 15 mai dernier le projet de gazoduc reliant le Maroc et le Nigéria a franchi un premier pas avec la signature d’un protocole d’accords entre le ministre des affaires étrangères du Nigéria mr Geoffrey Onyeama et ses homologues marocains.

Des accords avaient déjà été signé en 2016 entre le fonds souverain marocain Ithmar Capital (ex-FMDT) et la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA). Ce nouvel accord signé vise a étudier la faisabilité du projet. cette phase s’étalera sur environ 2 ans.

Ce projet serait selon le ministre des affaires étrangères marocain mr Nasser Bourita, le plus grand projet d’infrastructure d’Afrique, car il s’ételera sur environ 4000 km, et pourra être une source considérable d’énergie pour la région ouest africaine, ou se trouve plus 1/3 des réserves de gaz du continent.

En plus d’être un grand projet ambitieux d’infrastructure en Afrique,  ce gazoduc sera un axe structurant économique important pour les pays de l’Afrique de l’ouest et favoriserait l’intégration africaine, car il traversera 12 pays. les Etats producteurs pourront ainsi y injecter leur production et les importateurs satisfaire leurs besoins en énergie. Dans un second temps, l’acheminement pourrait se faire jusqu’en Europe.

Son enthousiasme n’est toutefois pas partagé par tous. « C’est présenté comme un gros projet panafricain, mais on voit mal comment il va être mené à bien », souligne un bon connaisseur du dossier, qui poursuit : « Son approvisionnement se trouve dans le delta du Niger, une région [du sud du Nigeria] qui n’est pas sécurisée. Personne ne mettra 15 à 20 milliards de dollars dans un tel projet. » En outre, le gazoduc traverserait « une dizaine de pays dont certains dans des situations particulièrement difficiles ». Enfin, les découvertes récentes de gaz qui ont été faites en Mauritanie et au Sénégal sont colossales, et se trouvent beaucoup plus près du Maroc.

Au regard de la complexité géostratégique, plusieurs projets se sont déjà cassé les dents. Comme le gazoduc transsaharien qui devait, à partir du Nigeria, traverser le Niger et l’Algérie. Il n’a jamais pu être réalisé alors que les ministres de ces deux pays ainsi que l’Union européenne étaient très enthousiastes. « L’annonce de ce nouveau gazoduc relève en grande partie d’une stratégie politique, estime notre expert. Il s’agit d’une part d’obtenir du Nigeria une neutralité bienveillante face aux ambitions africaines du Maroc, que ce soit pour son entrée dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest [Cédéao, quinze pays] ou sur la question sahraouie, d’autre part de faire pression sur les Algériens en vue de la renégociation des prix du gaz prévue à l’horizon 2020. »

Source: LeMonde

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