Investissement en Afrique: Quel avenir pour les investisseurs étranger?

Investir en Afrique reste assez énigmatique et ardu pour les non-initiés aux spécificités du continent. En d’autre termes le marché francophone doit être ciblé en fonction des zones économiques tandis  les pays anglophones sont plutôt approchables par pays. L’investissement en Afrique nécessite  donc une vision à long terme vu que les premiers retours sur investissement surviennent sur 5 à 6 ans en moyenne.

Investir en Afrique est devenu depuis le début des années 2000, un véritable leitmotiv tant les atouts du continent ont été vendu et vantés par les organismes internationaux, notamment la Banque mondiale, le FMI, la BAD . Il n’empêche que les investisseurs occidentaux et asiatiques ont toujours du mal à assimiler « l’African way of business », qui reste assez proches de ce qui est fait en occident mais qui a une identité propre à elle.

Pour , Noël Albertus, Managing partner chez PWC Advisory Maroc, les investisseurs étrangers doivents’adapter aux réalités du continent africain.  Les investisseurs comprennent que l’Afrique a plus de compatibilité avec les investissements qui s’inscrivent dans le temps, entre 5 et 6 ans en moyenne, explique . Aussi l’ignorance des habitudes de business africain fait que beaucoup d’investisseurs étrangers en quête d’un retour sur investissement à court terme soient menacés de banqueroute.

Bloc francophone contre individualités anglophones

L’un des premiers aspects qui marquent les investisseurs potentiels reste la différentiation qui existe entre les zones francophones et anglophones du continent. Là où les pays anglophones peuvent être étudiés au cas par cas, les pays francophones sont plutôt regroupés en zones économiques.  L’Afrique de l’Ouest ne peut être étudiée que par bloc, notamment au niveau du secteur minier où les directives ont été harmonisées entre les pays de l’UEMOA et de la CEDEAO. L’on ne peut plus parler d’un pays en particulier mais d’une réelle régionalisation.

Une zone économique qui connaît par ailleurs une hausse des investissements interafricains qui sont en autre les investissements  du secteur bancaire et minier. L’investissement africain dans le secteur bancaire est majoritairement en provenance du Maroc et du Nigeria qui reprennent des actifs européens. Pour le secteur minier, les opérateurs de Lagos sont également de la partie en concurrence avec les groupes sud-africains.

140 lois “investment-friendly” promulguées en 10 ans

Côté anglophone, l’héritage coloniale britannique a offert à des pays comme le Kenya, un système légal plus flexible que la norme latine adoptée par les pays francophones. « En 10 ans, le pays a beaucoup assaini son environnement légal avec 140 lois promulguées pour améliorer le climat des affaires. S’y ajoutent de gros efforts pour faire baisser le délai de création d’entreprises de 6 à 1 semaine », Haanee Khan, collaborateur senior DLA Piper Kenya. Ces mesures conjuguées à un assainissement de la vie politique a permis à Nairobi d’atteindre un taux de croissance de 6,7% en 2016. Un trend à contre-courant de la conjoncture globale du continent qui était marquée par la récession notamment au niveau des pays dépendants aux matières premières.

Cette « exception » kényane, s’explique également par la réorientation économique sur des secteurs à forte valeur ajoutée, à savoir les énergies renouvelables, le healthcare, les finances notamment axée vers le numérique (mobile banking) ou encore les infrastructures télécoms. Des secteurs qui ont bénéficié des partenariats publics privés. Un modèle que Nairobi utilise de plus en plus.

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