Qui est Tarik Choho, le Monsieur Afrique de l’OCP ?

Tarik Choho a été approché par l’OCP pour s’occuper du commercial et de la stratégie du groupe, plus particulièrement en Afrique avec la nouvelle filiale OCP Africa. Il a sillonné le monde avant d’atterrir chez le leader des produits phosphatés.

Quand nous arrivons enfin à prendre contact avec Tarik Choho, il vient de descendre de l’avion. Voyager est une deuxième nature pour ce lauréat de l’ENSTA ParisTech, qui a passé ses trente ans de carrière à sillonner le monde. D’origine rifaine, il avait trois ans quand sa petite famille est partie s’installer au Sénégal pour suivre son père qui « travaillait là-bas ». Il revient à Rabat à l’âge de huit ans avant de débarquer en France afin d’y poursuivre ses études supérieures: classes préparatoires, Polytechnique, ENSTA. Malgré des études d’ingénierie prenantes, il trouve le temps de faire un DEA de mathématiques, uniquement parce que « ça l’amusait ». Son premier job à Gaz de France (qui deviendra GDF Suez et plus récemment Engie) lui permet de se déplacer un peu partout. Italie, Inde, États-Unis et Azerbaïdjan sont des destinations fréquentes. Areva, le spécialiste du nucléaire qu’il intègre en 1996 en tant que directeur de projet, l’expatrie au pays de l’Oncle Sam pendant dix ans.

Polyglotte

Tout au long de notre entretien, les termes techniques ponctuent les propos de Tarik Choho. Il parle plans gaziers (l’ingénieur construisait des installations gazières) puis change de jargon pour retracer son parcours à Areva: il évoque alors le recyclage de combustibles nucléaires ou la conversion de plutonium en combustible pour réacteur. Autant de thématiques que le nouveau patron d’OCP Africa maîtrise. Depuis 2015, c’est de phosphate qu’il est question. L’univers change, certes, mais les rouages du business international restent les mêmes. Et cet ex-directeur général adjoint en charge du commercial au sein du Groupe Areva doit en partie sa réussite à sa maîtrise des langues. Il parle arabe, français, anglais, amazigh, portugais, russe, chinois, japonais… et même le polonais, qu’il « ne maîtrise plus comme avant », regrette-t-il. Et d’ajouter: « Quand vous partez au Japon et que vous récitez quelques haïkus (poèmes), cela facilite le business ». Désormais, c’est le wolof et le swahili qu’il veut apprendre.

Une approche différente pour l’Afrique

Ce père de deux enfants (un garçon de 18 ans et une fille de 15 ans) est peu prolixe sur sa famille. « Par pudeur rifaine », se justifie-t-il. Il élude le sujet en parlant de sa mission et de son travail. Le directeur général adjoint à l’OCP en charge de la direction commerciale et de la stratégie se montre enthousiaste en parlant de sa mission de développer le business du groupe à l’international à travers « les partenariats et les éventuelles acquisitions ». Le focus sur l’Afrique est un impératif de marché. « Si on veut faire la différence en Afrique, on doit s’occuper de tout nous-mêmes, d’où la création de OCP Africa, une entreprise qui va travailler différemment du reste du groupe », révèle-t-il.

Il a dit « oui » à Terrab

Mostafa Terrab, PDG de l’OCP, a lui-même recruté Tarik Choho à l’OCP. La rencontre des deux hommes s’est faite fin 2014 à Paris dans un cadre professionnel. « C’est quelqu’un qui a le contact facile et qui veut faire des choses intéressantes. C’est très facile, donc, de dire oui à Terrab », confie Choho. Quand on évoque son réseau, encore une fois, monsieur Afrique de l’OCP, joue la carte de la modestie. « Je ne suis pas un homme de réseaux », déclare celui qui avait pour client le département américain de l’énergie quand il était dans le nucléaire, avant de préciser : « J’ai plutôt des amis… beaucoup d’amis ».

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